Connaissez-vous l’alimentation ayurvédique ?

Posted on Mar 10, 2018 in 💡 DES IDÉES EN PLUS

Mes epices en cuisine chapitre 1

Peut-être avez-vous entendu parler de l’Ayurveda ou goûté des infusions ayurvédiques mais connaissez-vous l’origine de ce terme et sa signification ? J’ai publié un article en langue portugaise il y a quelques jours, après avoir suivi, au Museu do Oriente à Lisbonne, un atelier d’initiation à l’alimentation ayurvédique. Voici la version française qui n’est qu’une approche mais vous donnera peut-être envie d’en savoir davantage.

Au cours de trois matinées, la formatrice Maria Leonor Braga nous a initiés à cet art de vivre au travers de l’alimentation. Je vous livre ici quelques notions transmises au cours de ces moments d’apprentissage, d’échange, de réflexion et de partage.

Quelques notions concernant l’ayurveda

Avant de parler de l’alimentation, voici quelques principes de la médecine ayurvédique basée sur une médecine hindoue et liée à un mode de vie ancestral.
En sanskrit, « Ayur » signifie la vie, et « Veda » la science ou la connaissance. L’alimentation « Ayurvéda » est bien plus un art de vivre qu’un régime alimentaire. La base de cette philosophie indienne est la prévention grâce à l’alimentation et à l’hygiène de vie, au quotidien.

L’Ayurvéda considère que l’individu est un microcosme, à l’image du macrocosme dans lequel il vit. L’infiniment petit de l’être humain est le reflet de l’infiniment grand et tout ce qui existe dans l’univers existe chez l’Homme. L’Homme, corps et esprit, doit donc vivre en harmonie avec ce qui l’entoure.
Il existe 5 états de la matière, 5 éléments : l’éther ou l’espace, l’air, le feu, l’eau et la terre.
Or, chaque individu possède un biotype qui lui est propre. La constitution de chacun est influencée par un type d’énergie dominant. La science ayurvédique nous enseigne qu’il existe 3 biotypes ou Doshas, ce sont les 3 forces vitales principales du corps : Vata, Pitta et Kapha. Nous sommes tous composés de ces 3 Doshas mais un Dosha est, le plus souvent, dominant. Tant que tout est en équilibre, tout va bien mais tout déséquilibre peut provoquer la maladie causée par une nourriture inadéquate ou un mode de vie inapproprié.
Il convient donc de connaitre notre constitution et nos besoins pour savoir ce qui est le plus adapté à notre personnalité.

Le rôle du médecin ayurvédique est de prévenir les déséquilibres (physiologiques, neurologiques et psychologiques) et de compenser les manques grâce à sa médecine qui a recours à des méthodes naturelles, des massages et des plantes. Il ne dissocie pas le physique et le mental, bien au contraire. Les soins ayurvédiques visent à ramener le corps et l’esprit à leur état naturel d’équilibre.
Les adeptes de l’Ayurveda pratiquent habituellement le yoga et la méditation.

Ce documentaire est une excellente introduction, «Ayruveda, the arte os being »  https://youtu.be/pADveX1_4UI

Quelques principes de l’alimentation et de la cuisine ayurvédiques

Chacun de nous a une constitution qui lui est propre et nous devons adapter notre alimentation à notre constitution et à notre humeur, ainsi qu’à la saison. En fonction de notre profil, certains aliments sont bénéfiques, d’autres à éviter ou réduire surtout lorsque notre organisme est fragilisé. Quoiqu’il en soit, il existe des principes qui conviennent à tous. En voici quelques uns…

Nous devons être attentifs à ce que nous mangeons et à la façon dont nous prenons nos repas, afin de « manger en conscience » et de stimuler nos cinq sens.
Il faudrait (je parle au conditionnel) manger plutôt lentement dans une atmosphère calme afin de profiter des aliments et de faciliter leur digestion.
Il ne faut abuser de rien et ne jamais manger en quantités pantagruéliques, surtout le soir où un repas léger est recommandé car le déjeuner, préparé avec divers aliments, est le repas le plus important de la journée.
Pour se faire une idée de la quantité idéale, on peut joindre nos deux mains comme si on voulait boire de l’eau : le contenu de notre assiette devrait tenir dans le creux de nos mains.

Il est recommandé de manger de manière équilibrée en incluant, dans nos repas, des fruits, des légumes, des plantes, des produits naturels et des épices en veillant à avoir les 6 goûts (dont nous parlons plus loin dans cet article). Contrairement aux idées reçues, l’alimentation ayurvédique n’est pas un régime végétarien.
Il convient d’éviter les produits élaborés et transformés industriellement pour au contraire privilégier les produits frais, de saison et de proximité.
On recommande de consommer des aliments venant d’être cuisinés en évitant les plats réchauffés.
Il est préférable de prendre des boissons chaudes ou tièdes au cours des repas pour faciliter la digestion.
Les fruits devraient être consommés en dehors des repas car la plupart des fruits fermentent et lorsqu’ils sont consommés après d’autres aliments, ils risquent d’empêcher le processus de digestion en cours, alors que consommés seuls, ils sont digérés très rapidement.

Nous devons apprendre à nourrir notre corps et notre esprit. Cependant il ne s’agit pas d’une religion mais bien d’un « Art de vivre ». Une alimentation saine et équilibrée est en mesure de nous fournir le bien-être physique et mental, la santé, de la joie et de l’énergie.

Manger doit être un plaisir. Si nous n’avons pas faim, inutile de se forcer. Par contre des infusions et décoctions de plantes et d’épices nous feront toujours du bien. Il y a des plantes bénéfiques pour tous, d’autres très spécifiques en fonction de nos besoins.

Notre cuisine doit être élaborée avec amour, dans le calme et la tranquillité. Elle doit éveiller les sens.
Comme elle est née en Indes, la cuisine ayurvédique utilise beaucoup d’épices, elle est moins piquante que la cuisine traditionnelle mais tout aussi parfumée.

Pour vous aider à découvrir votre profil, il existe des tests et des questionnaires sur internet.

L’atelier d’alimentation ayurvédique

Workshop d'alimentation ayurvédique

Workshop de alimentação ayurvédica

Au cours des trois matinées, la formatrice nous a parlé de philosophie et de médecine ayurvédiques mais surtout des goûts et des épices. Chaque jour, elle avait préparé une décoction de plantes et d’épices. Avec son aide, nous avons réalisé plusieurs recettes et le dernier jour s’est terminé par un délicieux déjeuner.
Nous avons préparé une crème d’avocats, une salade de betteraves râpées, des chapatis, des boulettes sucrées à la patate douce, un gâteau à la semoule et aux amandes et un plat végétarien de légumes, le tout parfumé d’épices douces. Le déjeuner a été accompagné de riz Basmati cuit à l’indienne dont je publierai bientôt la recette. La formatrice a également préparé du ghee ou beurre clarifié, très utilisé en Indes. La recette des Chapatis est en ligne.

Les goûts
Comme vous le savez, il existe 6 goûts ou saveurs : le sucré, l’acide, le salé, le piquant, l’amer et l’astringeant. Toutes ces saveurs doivent être présentes dans notre assiette, à chaque repas, en quantités variables selon notre biotype car elles peuvent « aggraver » ou « pacifier » nos doshas.

* Le sucré : Présent dans tous les hydrates de carbone, les protéines, les graisses, les céréales, les fruits, le lactose. À consommer avec modération.
* L’ acide : L’acide citrique, source de vitamine C, est présent dans tous les agrumes, le vinaigre, les pommes, les abricots, les cerises, le raisin, l’ananas, la tomate, le yaourt naturel. Ces aliments protègent des maladies cardiovasculaires et du diabète.
* Le salé : Se trouve dans le poisson, les algues, les sauces, les conserves. Le sel stimule la digestion, il est légèrement relaxant mais est dangereux en excès.
* Le piquant : Dans les oignons, l’ail, les poireaux, le piment fort, le gingembre, certains radis, le poivre, la cannelle, le cumin, l’origan, l menthe, le romarin, le thym. Le piquant est riche en propriétés anti-oxydantes et anti-bactériennes, il neutralise les radicaux libres qui causent le vieillissement ( c’est pour cela qu’ils sont utilisés pour conserver les aliments), il réduit le cholestérol et est un agent anti-cancérigène.
* L’amer : Présent dans les légumes verts, les herbes aromatiques et les graines; dans les poivrons, les brocolis, les épinards, les bettes à cardes, le fenouil, les aubergines, les courges, les endives, la coriandre, le cumin, la sauge, le romarin, l’estragon, la rhubarbe, le safran, le curcuma, l’Loé vera… Les légumes jaunes et verts augmentent l’immunité, purifient le sang et sont anti-cancérigènes.
* L’astringent : On le trouve dans les pommes, les artichauts, les asperges, les haricots, les poivrons, le fenouil, les cerises, les fruits rouges, le concombre, les figues fraîches, le citron, les grenades, les lentilles, les champignons, les pommes de terre, les épinards, les pousses de soja, le thé vert et le thé noir, le fromage, le petit lait, le blé et le seigle complets. Ces aliments sont bons pour la digestion et aident à la cicatrisation des blessures.

Les épices et les plantes aromatiques
Si vous en avez le choix, il est préférable d’utiliser les graines plutôt que la poudre. Les graines peuvent être mises à tremper avant leur utilisation pour faciliter leur digestion. Pour certaines recettes, on les écrase dans un mortier avant de les cuisiner.
Voici quelques épices et plantes très utilisées dans la cuisine ayurvédique, tant dans les plats que dans les boissons chaudes.

L’étoile de badiane  désintoxique, aide à la digestion, évite les gaz.
L’assa-fetida a longtemps remplacé l’ail et l’oignon absents de la cuisine traditionnelle. Son odeur est plutôt désagréable mais une fois cuisinée elle parfume le plat comme le mélange ail-oignon. Elle est anti-oxydante et anti cancérigène.
La cardamome verte ou jaune, bonne pour la digestion et le cœur. On utilise les petites graines présentes dans la capsule. On peut les mâcher pour faciliter la digestion et avoir une bonne haleine.
Le gingembre frais coupé en rondelles
La cannelle de Ceylan est anti-oxydante et désintoxique. A utiliser en bâtons dans les liquides, entiers ou concassés. À ne pas confondre avec l’écorce de cassia ou cannelle de Chine.
La coriandre dont on utilise les feuilles fraîches (calmantes, bonnes pour le métabolisme) et les graines.
Le cumin, ses graines parfument et sont digestives.
Le fenouil, bon pour la digestion.
Le curcuma ou Safran des Indes est anti-oxydant et protège du diabète. Dans la cuisine, il doit être associé au poivre noir et à un peu d’huile, afin d’être mieux absorbé. Avec du miel et du citron c’est excellent contre la toux.
Le miel est antiseptique et nutritif mais ne doit pas être cuit pour que l’on profite de ses propriétés.

Et aussi, la sauge, l’aloé vera, le thym, le safran… et beaucoup d’autres.
À noter que la badiane (ou anis), le safran, le gingembre et le cumin peuvent être utilisés par tous les biotypes.

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2 thoughts

  1. Chloys

    10 mars 2018

    Il y a de nombreuses similitudes avec la diététique traditionnelle chinoise … ce qui n’est pas surprenant puisque les philosophies et les médecines traditionnelles sont très proches également!

    1. Oui, tout à fait et c’est très intéressant

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