Les poissons d’avril ? Comment les choisir ?

Posted on Avr 3, 2016 in 💡 DES IDÉES EN PLUS

Petit guide d’achat pour maintenant et après

Étal de poissons du marché

Étal de poissons du marché

On nous conseille de manger du poisson et nous ne reviendrons pas sur ses qualités nutritives ( oméga 3, vitamines, minéraux) mais nous savons aussi que certains poissons de mer doivent être consommés avec modération ou évités. Il existe plusieurs critères à prendre en compte pour choisir et nous devons nous poser les bonnes questions en tenant compte de la saison bien-sûr (pour respecter les périodes de reproduction) mais également de l’espèce ( certaines sont menacées) et de la provenance :

Ce poisson peut-il être consommé sans restriction  ? De quelle région du globe vient-il ? S’agit-il d’un poisson péché en mer ou  issu de l’aquaculture ? Est-ce un poisson de profondeur?  Est-il frais ? Voici un petit guide en 5 points pour vous aider à faire les bons choix.

1. les poissons du mois et l’ environnement

Au mois d’avril, début du printemps, voici ce que vous pouvez trouver sur les étals des poissonniers,  dans les pays d’Europe de l’Ouest. Les poissons sont classés en 3 catégories, en se plaçant du point de vue de la préservation des espèces menacées.

  • Les poissons que l’on peut consommer
    Chinchard; Colin d’Alaska; Congre; Grondin rouge; Eglefin/ Haddock de l’Atlantique Nord-Ouest; Hareng; Lieu jaune de ligne; Lieu noir; Saumon du Pacifique
  • A consommer avec modération
    Julienne; Maquereau; St Pierre; Turbot d’élevage
  • A éviter
    Anchois; Baudroie ou Lotte; Cabillaud de l’Atlantique; Carrelet ou plie; Eglefin/ Haddock d’Écosse et d’Islande; Grenadier; Merlu;  Raie;  Sabre; Saumon de l’Atlantique; Sole; Thon rouge; Turbot de l’Atlantique Nord
Chinchards des côtes portugaises et sabres des Açores

Chinchards des côtes portugaises et sabres des Açores

2. D’où vient ce poisson ?

Depuis décembre 2014, l’étiquetage des produits de la mer doit mentionner de façon lisible, la zone géographique de capture et s’il s’agit d’un produit d’élevage ou sauvage (Cf Règlement (UE) n°1379/2013). De plus,  doivent être indiqués le nom scientifique du poisson et le type de capture quand c’est le cas ( ligne, chalut…). En France, un poisson péché à la ligne devrait comporter une marque métallique à l’opercule.

Malheureusement, ces informations ne sont pas toujours visibles. Privilégiez les poissonniers proposant une bonne traçabilité indiquant le type et le lieu de pêche. Choisissez surtout un commerçant en qui vous avez confiance, qu’il s’agisse d’un magasin ou du marché, il saura vous conseiller habilement. Dans les grandes surfaces, c’est plus compliqué, d’autant qu’il est souvent interdit de s’approcher trop près de l’étal. A nous de demander des éclaircissements !

2. Poisson péché en mer ou poisson d’élevage?

Face à l’épuisement des ressources marines, l’élevage pourrait être une bonne alternative. D’autant que les prix varient énormément pour la même espèce selon qu’il s’agit d’un poisson d’élevage ou de ligne et de nombreux consommateurs refusent  d’acheter un poisson de ligne à  25 € le kilo alors que son cousin d’aquaculture ne coûte que 10€ .  Lorsqu’on vit au bord de l’Atlantique, on préfère généralement opter pour un poisson péché en mer. Il est préférable de privilégier les poissons de proximité, de pêche locale,souvent meilleur marché.

On trouve de bons poissons d’élevage s’il s’agit d’une aquaculture respectant des règles environnementales strictes et responsables. Car le problème n’est pas l’aquaculture en soit mais plutôt son intensification accélérée, l’alimentation artificielle fournie aux poissons d’élevage, les traitements qui leur sont prodigués et… le manque de contrôle. Là encore, demandez conseil à votre poissonnier. Il existe de nombreux bassins en mer du Nord et sur la façade atlantique. On peut espérer que les poissons d’élevage biologique, comportant le label AB puissent être davantage préservés.

Les poissons surgelés sont une alternative, souvent plus économique, mais il convient également de consulter l’emballage avant d’acheter, afin de connaître leur origine.

Un exemple parmi d’autres : le saumon

Le saumon, très présent dans les restaurants et dans nos assiettes, doit être choisi avec soin. Le saumon sauvage de l’Atlantique est une espèce menacée et les poissons d’élevage industriels, saumon ou pas, peuvent être dangereux pour notre santé en raison de l’élevage intensif avec une alimentation inadaptée, la pollution, la toxicité des métaux lourds, les traitements…). Si le saumon est intéressant sur le plan nutritif et possède des vertus indéniables, il convient de ne pas en abuser, une fois par semaine est un maximum.

Le saumon rouge et le saumon royal du Pacifique sont menacées, mais les autres saumons du Pacifique ne le sont pas encore: les stocks sont suffisamment importants mais il faut néanmoins préférer un poisson disposant de l’écolabel MSC (Marine Stewardship Council).

Attention, un poisson bio n’est pas un poisson sauvage, un poisson bio est un poisson issu d’une aquaculture de qualité.

4. Poissons de mer et métaux lourds

La plupart des poissons contiennent une part de métaux lourds et il ne convient pas d’en manger tous les jours. Les poissons d’élevage industriel sont nourris avec d’autres poissons, déjà pollués eux même et ils accumulent tout au long de leur développement ces produits nocifs. Les poissons de profondeur, les gros prédateurs tels que le thon rouge, le requin, l’espadon contiennent des taux élevés de méthylmercure. Il convient de limiter leur consommation à 1 ou 2 fois par mois.

Les poissons de petite taille comme le chinchard ou a sardine ( à consommer en été) et qui se nourrissent de plancton sont beaucoup moins nocifs. L’OMS recommande deux portions de poissons par semaine dont une portion de poisson gras (saumon, sardine, maquereau, hareng … ). Cette recommandation doit permettre de couvrir les besoins en nutriments et de limiter les risques de surexposition aux contaminants chimiques.

Pour ceux qui, comme moi, souhaitent manger du poisson plus de deux fois par semaine, il convient de choisir les parts supplémentaires parmi les poissons maigres, à choisir en fonction de la saison : Thon blanc en conserve, Colin ou lieu noir, Merlan, Julienne, Merlu, Limande…

Le meilleur  conseil me semble être de varier les espèces de poisson et les lieux d’approvisionnement (sauvage, élevage, lieux de pêche…).

Pour plus de précisions, consulter l’ANSES l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire .

Autres sources : Consoglobe; Green et vert ( informations sur les taux de mercure).

5. Ce poisson est-il frais?

Ayant la chance de pouvoir aller au marché, choisir mon poisson,  j’aime bien bavarder avec ma poissonnière attitrée. En règle générale, je lui demande  ce qu’elle me conseille en fonction de l’arrivage et du mode de cuisson que je souhaite faire. Quoiqu’il en soit voici quelques conseils :

  • Pour les poissons entiers

Vérifiez que le poisson est brillant et légèrement humide, que les ouïes ( à la base de la tête) sont bien d’une couleur rouge foncé et observez également l’oeil qui doit être vif , brillant et occuper toute l’orbite. Le poisson doit être ferme. Les poissons plats doivent être retournés pour vérifier que la face de dessous est bien blanche.

Enfin, les poissons doivent être posés sur une épaisse couche de glace, aucune mauvaise odeur ne doit émaner de l’étal et le poisson ne doit pas être vidé à l’avance mais devant vous.

  • Pour les filets

Vérifier que la chair est blanc nacré et ferme. On peut observer une légère coloration rosée à l’emplacement de la colonne vertébrale.

Si le produit est vendu décongelé, le consommateur doit en être obligatoirement informé.

Avant de boucler cette page, j’ai  découvert l’article très sympathique paru il y a un an concernant les poissons en conserve sur le blog extenso.org.

Je termine avec une photographie de ma poissonnière de Lisbonne avec ses filles, au marché d’Algés.

 

Ção et ses filles, marché d'Algés, Portugal

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